Géométrie symbolique

Pour l'Europe 100% laïque

« Se référer à la parole de dieu à tout bout de champ freine le développement des sociétés »

Abdelmajid Charfi, réformateur tunisien

frapinath.com

Ce vitrail de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens, est un exemple parfait de géométrie sacrée employée par les symbolistes médiévaux.

 

Au centre figure un carré, symbole terrestre, dont chaque pointe représente les éléments : feu, eau, terre, air.

Le carré s'inscrit au centre d'un « quadrilobe » par lequel les symbolistes ont figuré les quatre apôtres évangélistes, Luc, Marc, Matthieu et Jean.

 

Carré et quadrilobe se tiennent à l'intérieur d'un cercle qui est la réprésentation du ciel.

En associant de la sorte carré et

cercle, les symbolistes ont ajouté un autre sens que l'on retrouve dans « L'homme de Vitruve », de Léonard de Vinci.

 

Au coeur du cercle et du carré se trouvent les dimensions et la nature de l'être humain, fait de matière et d'esprit.

 

La construction du vitrail a fait que du centre partent huit droites et traversent chacune une forme ovale marquée d'un point en son milieu. On peut y voir les huit béatitudes annoncées par le Christ dans les évangiles selon Matthieu et Luc comme des portes ouvrant au royaume céleste.

 

Ces axes allant du centre vers l'extérieur se relient au grand cercle qui est la représentation mystique de l'éternité, puisqu'un cercle n'a ni commencement, ni fin.

 

Enfin, l'ensemble des ces figures sont tenues à l'intérieur d'un triangle dont chacun des côtés figure l'une de composante de la trinité chrétienne, père, fils et esprit.

 

Les personnes passant par la porte nord de la façade principale de la cathédrale d'Amiens entrent dans l'édifice sous le regard de la divinité chrétienne. Le message symbolique est, de ce point de vue, d'une très grande clarté.

 

Ce vitrail offre des traits symboliques comparables à l'Oeil d'Horus (ci-dessous), de la triade de l'Egypte antique : Isis (la mère de toute chose), Osiris (l'époux) et Horus (le fils).

Signification des figures géométriques

L'emploi des figures géométriques en architecture et en art sacré n'est pas fait pour le décor. Il s'agit d'un langage codé porteur de nombreuses significations.

Il en est de même pour les nombres, la faune, la flore et les couleurs qui inondent les templesdes diverses religions.

Droites, horizontales ou verticales, lignes courbes, convexes ou concaves, angles, triangles, cercles, carrés, rectangles, sphères : les figures géométriques, en métaphysique, ésotérisme et religions, ont toujours une signification symbolique.

 

Le « triangle sacré », connu comme « triangle de Pythagore », provient de civilisations sumériennes et égyptiennes dont s'est inspiré le mathématicien et philosophe grec. Pour les Egyptiens, le triangle sacré figurait la trinité fondatrice : Isis (la déesse mère), Osiris (l'époux) et Horus, le fils.

 

Les symbolistes chrétiens n'ont fait que reprendre cette figure à leur compte pour signifier l'unité trinitaire " père, fils et esprit ", base de leurs dogmes religieux. Dans le format chrétien, l'esprit est l'élément féminin de cette triade.

 

Dans les temps modernes, les francs-maçons ne sont pas les seuls à avoir introduit le triangle dans ses figures symboliques. On le retrouve dans la plupart des édifices catholiques.

Dans la plupart des religions orientales et occidentales, dans les confins de l'Antiquité et de la Préhistoire, de tels tracés ont eu pour objet de fait le lien entre l'univers céleste et la Terre. C'est-à-dire entre le monde divin éternel et sacré, et le monde terrestre imparfait en quête l'immortalité.

 

Lorsque les lignes s'arrondissent, deviennent courbes, ou semi-sphériques, elles peuvent exprimer le vagin, l'utérus, le ventre arrondi des femmes enceintes. Tandis que les droites, obliques ou verticales sont une expression phallique - la verge en érection.

 

Rien dans une synagogue, un temple, une mosquée ou une église – que celle-ci soit une simple chapelle ou une cathédrale – n'est décor gratuit, mais symbole qu'il appartient de décoder.

 

Il en est de même des chiffres et des nombres, souvent indissociables des figures géométriques. C'est, par exemple le 1 et le cercle, qui signifient l'unité divine parfaite.

 

Géométrie et nombres ne sont d'ailleurs par les seuls à avoir un sens caché. Les animaux et la flore abondamment représentés en art religieux ont également une signification qui dépasse largement le geste artiste du sculpteur ou du peintre. Il en est de même des couleurs.

 

L'Islam n'échappe pas à la symbolique des nombres, des formes géométriques et des couleurs. Les mosaïques ornant les mosquées sont de véritables livres codés. Nous en proposons également leur traduction en termes accessibles à tous.

LE POINT

Aussi simple, banal et discret qu'il puisse paraître, le point a un sens puissant en géométrie symbolique. Unité indivisible, il représente le Un de la création. Il se projette dans l'espace par des rayonnements le faisant centre de l'univers.

La plus petite des figures se fait ainsi la plus grande, indispensable à la vie, à la mobilité des êtres et du monde.

Lorsqu'il se place à l'intersection de deux droites, l'une horizontale, l'autre verticale, il est le lieu où se tient la tête de Jésus en croix. En architecture chrétienne la croisée du transept est au point de croisement de deux axes : celui qui va de la nef au choeur, et celui qui va du Sud au Nord. C'est le symbole de la rencontre du peuple avec son dieu, et du soleil rayonnant avec le monde des ténèbres.

La position centrale du point dans le cercle renforce encore la signification symbolique de cette figure. Le cercle se meut par le centre en mouvement.Il est l'union du centre du monde terrestre et du centre du ciel figuré par l’étoile polaire.

C'est le sens donné au centre des labyrinthes d'église et de cathédrales. Celui qui suit le parcours arrive au centre de la figure, symbole de la Jérusalem céleste.

Au centre du cercle ou à l'intersection de droites, l'une verticale et l'autre horizontale, le point signifie le Un de la création.

Par l'architecture de la place Saint-Pierre de Rome, les pontifes catholiques ont signifié le positionnement de l'Eglise catholique romaine : au centre de toutes les nations et de tous les continents.

LA DROITE HORIZONTALE

La droite horizontale est un symbole essentiellement terrestre. C'est le sur ce plan que la créature évolue, qu'elle soit végétale, animale ou humaine. Cette ligne marque les limites de l'homme qui ne peut voir au delà de l'horizon.

L'infini de l'horizon est le lieu de l'errance plus que le lieu de la quête. Le regard se perd à l'horizon, sans accéder à un autre monde. L’horizon est considéré comme une prison dont l’âme doit se délivrer en même temps que les liens du corps et les limites des sens.

Pour voir plus loin, l'homme doit soit voyager – comme les mages suivirent l'étoile annonciatrice de la naissance du messie - soit s'élever. Plus il s'élèvera, plus il se rapprochera du ciel. Son regard pourra alors embrasser un monde bien plus vaste.

Dans le symbolisme chrétien, pour que cette élévation se produise, il faut rechercher le point d'intersection de l'horizontale avec la verticale. C'est-à-dire avec le Christ en croix venu sur Terre délivrer les hommes du poids de leur condition. Le point de croisement entre les deux droites est là où se trouve la lumière.

Ce point de rencontre fut encore développé par les scribes de la Genèse avec le rêve de Jacob faisant le lien entre la Terre et le Ciel au moyen d'une échelle que seuls les anges pouvaient emprunter pour communiquer avec les humains.

Géométrie sacrée

à la cathédrale d'Amiens

Cette ligne marque les limites de l'homme

qui ne peut voir au delà de l'horizon.