Le labyrinthe

SYMBOLISMES

Le labyrinthe

Le labyrinthe de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. A la différence de celui de Chartres qui est circulaire, celui-ci est octogonal. La longueur de son parcours est de 234 mètres, depuis l'entrée Ouest pour atteindre le centre. En divisant cette longueur par celle de la cathédrale, des porches jusqu'au chevet (145 mètres), on obtient un quotien proche du nombre d'or. Le 24 juin, jour de la Saint-Jean, par un effet du soleil, sur le coup de 8h45, il se partage par la moitié entre ombre et lumière. Le même phénomène se reproduit à la Saint Jean de décembre.

Parmi les nombreux emprunts de l'art religieux catholique au mythologies dites « païennes », se trouve le très symbolique labyrinthe, dont le plus connu est celui de l'île du roi Minos, construit par Dédale pour y enfermer le Minotaure, créature monstrueuse né des amours scandaleuses de Pasiphaé – l'épouse de Minos – avec un taureau.

Les premiers lybyrinthes « chrétiens » apparurent dès le IVè siècle, dont le plus connu fut celui de Saint Reparatus, dans la basilique d'El-Asnam (ex-Orléansville), en Algérie. C'était sous l'époque de l'occupation romaine chrétienne. La ville était alors nommée « Castellum Tiginitum ».

Le VIè siècle fut celui de la grande mode des labyrinthes d'église en Europe. Abandonnée pendant un temps, elle ressurgit en XIIè avec l'essor du gothique. Des labyrinthes prirent place dans les cathédrales et églises de Poitiers, Amiens, Arras, Auxerre, Reims, Bayeux, Chartres, Mirepoins, Saint-Omer, Saint-Quentin, Toulouse.

Leur orientation était dans l'axe de l'église : de l'Ouest à l'Est. On y entrait par le côté du peuple – celui du démon et de la mort – pour arriver à l'Est – la symbolique Jérusalem céleste. Ceux qui suivait son tracé à genoux et en méditation gagnaient des indulgences censées raccourcir la durée du passage dans le Purgatoire.

A l'avènement de la Renaissance, une partie du haut clergé considéra que le labyrinthe n'avait plus sa place dans les édifices catholiques. Ce parcours initiatique valant pèlerinage en Terre sainte fut déchu de son rôle mystique et considéré comme lieu maudit de luxure et de péché. Plusieurs labyrinthes furent détruits ou cachés sous des tapis. On détruisit notamment ceux de Sens, Poitiers, Arras. Celui d'Amiens fut également ôté, mais remis en place en 1825 avec la rénovation complète du pavage de la cathédrale.

Si le mythe du labyrinthe de l'île de Minos construit par Dédale est le plus universellement répandu, on ne saurait ignorer que les auteurs grecs se servirent dans d'autres mythologies plus anciennes encore.

Plusieurs symboles se rattachent au labyrinthe, selon les pays, les cultures et les époques.

Déjà tracé pendant la Préhistoire sur des ivoires de mammouth, il est considéré par Jacques Attali comme « un langage avant l'écriture ». Ce mode d'expression était sacré. On a retrouvé de telles gravures de labyrinthes dans les sépultures du paléolithique.

Parmi les significations, il y a celle, facile à comprendre, du parcours de chaque individu tout au long de sa vie, fait de virages et de chemins au bord de précipices, ou d'allées majestueuses vers un horizon céleste radieux. Le parcours est semé d'embûches, de douleurs et de gloires éphémères. Il fait aller de l'enfer vers le paradis.

Dans le mythe de Dédale, le but est de sortir du labyrinthe pour échapper au monstre démoniaque. Le fil offert par Ariane à Thésée pour qu'il retrouve son chemin dans la nuit après avoir terrassé l'affreuse créature, est le signe que la providence existe. Thésée sortira vivant de l'épreuve, ainsi qu'Icare doté d'ailes de cire lui permettant de retrouver la liberté. Icare, enfermé à son tour dans le labyrinthe, s'échappera grâce à une ruse de Dédale. Il se perdra finalement par orgueil et vanité en allant côtoyer le soleil qui lui brûla les ailes.

Cette autre belle légende rejoint la parabole du prophète Ezechiel « Qui s'abaissera sera élevé, et qui s'élèvera sera abaissé ». Une nouvelle fois, les mythes se lient les uns aux autres, indifféremment des mythologies auxquelles ils sont attachés. Le symbole du fil d'Ariane n'est jamais loin...

Le Minotaure, Thésée, Ariane,

Icare, Dédale et le labyrinthe

Le combat de Thésée et du Minotaure au centre du labyrinthe tracé par Dédale. (Fresque médiévale - Petit palais d'Avignon).

Thésée terrasse le Minotaure

La Chute d’Icare.

D'après Carlo Saraceni

(peint entre 1600 et 1607)

Le labyrinthe de Minos construit par Dédale est l’un des mythes fondateurs de la culture occidentale. Minos, roi de Cnossos en Crète, avait épousé Pasiphaé, fille d’Hélios, dieu du soleil, qui lui donna huit enfants dont Androgée, Ariane et Phèdre.

Un jour, il demanda à Poséidon, le dieu de la mer, de lui envoyer un animal exceptionnel à lui sacrifier. Ce dernier lui envoya un grand taureau blanc, symbole de royauté. Impressionné par la magnifique bête sortie des flots, Minos préféra l’épargner et immola au dieu un taurillon de son troupeau.

Irrité, Poséidon, par vengeance, suscita dans le cœur de Pasiphaé une passion dévorante et insensée pour le superbe taureau.

De ces amours contre nature naquit Astérios, un enfant monstrueux au corps humain et à la tête de taureau, surnommé le Minotaure.

En grandissant, celui-ci développa une force herculéenne et une sauvagerie meurtrière qui amena Minos à ordonner à son architecte Dédale, de lui construire un palais d’une conception si compliquée que le monstre ne puisse plus jamais en sortir.

Le palais comprenait tant de salles, et de couloirs enchevêtrés que le réseau inextricable de leurs circonvolutions ne permettait pas d’en retrouver l’unique porte.

Par la suite, Androgée, fils de Minos, fut tué par les Athéniens ce qui amena le roi de Crète à envahir Athènes et à soumettre son monarque, Egée.

Il exigea comme tribut que sept jeunes gens et sept jeunes filles lui soient envoyés d’Athènes tous les sept ans pour être livrés au Minotaure. Thésée, fils d’Egée, demanda à son père de faire partie des futures victimes pour combattre le Minotaure.

Avant d’être enfermé avec les autres dans le labyrinthe, il reçut des mains d’Ariane, ébloui par la beauté du héros athénien, une pelote de fil à dérouler pour lui permettre de retrouver l’unique issue du labyrinthe. Thésée s’avança dans le labyrinthe, déroulant son fil, affronta le Minotaure en son centre et le tua, puis grâce au fil retrouva le chemin de la sortie et ses compagnons. Il s’enfuit alors entraînant avec lui Ariane vers l’île de Naxos, par peur de représailles contre elle.

Dédale fut alors soupçonné d’avoir aidé Thésée et Ariane et il fut condamné par Minos à être emprisonné dans le labyrinthe avec son fils, Icare, encore adolescent. La porte du labyrinthe ayant été murée, Dédale imagina de s’enfuir par les airs et inventa dans ce but des ailes artificielles confectionnées de plumes collées à la cire. Tous deux s’envolèrent mais Icare, s’approchant imprudemment du soleil vit ses ailles se désagréger par la fonte de la cire et sombra dans les flots.

 

Le labyrinthe de Notre-Dame de Chartres : l'influence des symboles

de l'Islam

Le tracé de ce labyrinthe, dans la cathédrale de Chartres, fait référence à de nombreux symboles employés dans l'Islam. C'est dire la porosité des religions dans le domaine si vaste de l'ésotérisme.

Pour pénétrer ce labyrinthe dans toute sa symbolique, il faut se rapporter à ce lien qui offre une explication complète.

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=724430

Les Labyrinthes de Luis Borges

"Le cercle et l'infini sont l'âme des labyrinthes", écrivait cet immense auteur argentin. Nul autre que lui a mieux inventorié l'univers labyrinthique du monde.