MUTILATIONS

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Mutilations corporelles : déjà pratiquées

chez l'Homme de la pierre taillée

Par Nathan BIRAME

Les scarifications rituelles procèdent de l'appropriation d'un corps par une tribu, une religion.

Un crâne déformé pour des raisons rituelles retrouvé dans une nécropole péruvienne.

 

Rituelles, sociales, ethniques, religieuses, ésotériques, les mutilations du corps humain ont des origines préhistoriques. Les plus anciennes connues sont situées au paléolithique supérieur.

Soit entre 35 000 et 10 000 ans avant notre ère.

 

Les deux catégories d'hominidés existaient toujours : l'Homo sapiens et l'homo neandertalensis . Les mutilations observées par les paléoanthropologues sont des déformations du crâne, selon des techniques variables selon les lieux où elles était pratiquées.

Elles ne devaient toutefois pas être les seules façons de déformer les corps. Il est permis de penser que le derme et la chair des humains eurent à subir des mutilations profondes : scarifications, excision, circoncision, tatouages, marquage au fer rouge, perçage, ablations, amputation de doigts, etc.

Ces pratiques n'ont cessé de se transmettre à travers les millénaires. Les déformations corporelles consistant à « fabriquer » des Sumotoris au Japon font parties de traditions toujours en vigueur participant à l'identité de la nation du Soleil Levant.

Peut-on seulement parler « d'effet de mode » à propos du piercing consistant à planter dans le derme des clous ornés de pierres précieuses ou semi précieuses, parfois en des zones les plus intimes du corps ?

Pareillement pour le tatouage qui consiste à injecter dans le derme des pigments indélébiles, ainsi que le pratiquaient des tribus primitives ?

 

Mutilations sexuelles : de la sterilisation des hommes

aux atteintes à la libido des femmes

 

Si le maquillage moderne à l'aide de poudres, crèmes, bâtons de couleur, consiste à modifier l'aspect du corps pour masquer un vieillissement, effacer des rides, rendre une peau plus soyeuse, il n'a toutefois pas l'aspect irréversible du tatouage, et moins encore des mutilations et des déformations corporelles.

Les organes sexuels n'échappent pas aux pratiques mutilantes. Cela concerne autant les hommes que les femmes. L'ablation complète des organes sexuels permit de fournir aux princes un personnel masculin dans l'impossibilité d'avoir des relations intimes avec les femmes et jeunes filles des castes dirigeantes. Pratiquée sur de jeunes garçons avant leur mue, la castration faisait de ces enfants sterilisés de futurs chanteurs au timbre d'un aigu supérieur.

Les mutilations sexuelles sur les femmes ont toujours eu un autre motif : réduire celles-ci à la fonction de procréation et les contraindre, de façon irréversible, à une fidélité forcée avec leur époux, puisque le désir de multiplier les expériences sexuelles et les voies conduisant au plaisir orgasmique leur avait été ôtés. Techniques les plus employées : l'excision et l'infibulation. Toujours pratiquées dans une partie du monde contemporain.

Chez les hommes, si la castration a quasiment disparu, la circoncision demeure et reste revendiquée au nom d'une orthodoxie religieuse, chez les Juifs et les Musulmans. Mais elle est aussi contestée à l'intérieur même de ces religions par des voix qui se font de plus en plus fortes. Tout cela sera sujet de prochains articles à paraître sous cette rubrique.

Mutilations sexuelles

Les mutilations corporelles restent très largement pratiquées au 21ème siècle, sous des formes diverses : excision, infibulation, circoncision, scarification, tatouage.

Derrière de telles pratiques, se trouve des traditions millénaires faites de croyances, religions, superstitions, mais encore d'idéologies communautaristes qui se parent d'ésthétisme pour masquer d'autres vérités moins reluisantes.

 

 

Pour rompre le silence sur la mutilation

et la souffrance des fillettes

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Puritanisme religieux

et castration des libertés sexuelles

Il ne faut surtout pas croire que les mutilations corporelles, sexuelles ou non sexuelles sont le seul fait de sociétés tribales arrièrées. Après la Seconde guerre mondiale, des facultés de Médecine du Royaume Uni enseignaient la technique de la clitoridectomie (excision) afin de répondre à la demande de mères voulant que leurs filles ne connaissent pas l'orgasme... Mais que dire encore de la circoncision et d'autres pratiques invalidantes ?

 

Par Nathan BIRAME

Les pratiques sexuelles de la Grèce antique sont été largement placées au centre de la production artistique décorative. De telles scènes se trouvent sur des amphores, des vases, des services de table, etc.

Elles furent données comme exemple de débauche et de perversité car attentatoires à au rapport entre le pouvoir divin et le pouvoir humain sur la création.

Ne croyons surtout pas que les mutilations rituelles corporelles sont l'apanage des civilisations primitives ou tribales. La clitoridectomie, par exemple, ne fut interdite et criminalisée aux Etats-Unis qu'en 1985 par le gouvernement fédéral – la loi d'interdiction s'applique donc aujourd'hui à tous les gouvernements des States.

Nous aurions tort également d'ignorer que des facultés de médecine de l'United Kindom (le Royaume Uni) enseignaient toujours en 1982 la technique de clitoridectomie pour répondre à des demandes de mères pour que leur filles ne soient pas tentées par la masturbation et soient élevées dans une tradition puritaine excluant la jouissance des femmes lors que des relations sexuelles.

 

La clitoridectomie contre "les troubles mentaux"

 

Jusqu'en 1935 – et probablement plus tard encore – des hôpitaux psychiatriques « traitaient » par la clitoridectomie ce qui était considéré comme « trouble mentaux », à savoir : l'hypersexualité, la nervosité, l'hystérie, l'homosexualité féminine, par exemple.

En France, la clitoridectomie fut préconisée à la fin du XIXe siècle par des médecins comme Thésée Pouillet (1849-1923), Pierre Garnier (1819–1901) ou Paul Broca (1824-1880) pour lutter contre la masturbation.

Durant cette même période, le médecin-chirurgien John Harvey Kellogg, directeur du sanitarium de Battle Creek (Michigan - USA) enseignait que la masturbation, féminine comme masculine, causait des cancers (de l’utérus, par exemple), des maladies urinaires, des émissions nocturnes, l’impuissance, l’épilepsie, la folie, la débilité physique et mentale, et « l’obscurcissement de la vision ».

 

De l'acide sur le clitoris

 

L'un de ses adeptes, le Dr. Adam Clarke, affirmait que « ni la peste, ni la guerre, ni la petite vérole, ni les maladies similaires, n’ont produit de résultats aussi désastreux pour l’humanité que l’habitude pernicieuse de l’onanisme ».

Estimant que la masturbation était la cause de certaines morts, Kellogg déclara que des « victimes mourraient littéralement de leurs propres mains ».

Il préconisa de traiter les masturbateurs, en recommandant la circoncision aux jeunes garçons et l’application d'acide carbolique (phénol) sur le clitoris des jeunes filles pour tuer les nerfs sensibles qui, excités à l'extrême, mettaient les jouisseuses impénitentes dans des états de transes incontrôlables et démoniaques. Le Dr. Kellogg parlait de l'orgasme féminin.

 

 

 

Les motivations médicales masquaient en réalité une doctrine religieuse sur la sexualité venant de ce mouvement chrétien « Eglise adventiste du septième jour », très puritain à cette époque. John Harvey Kellogg était l'un des piliers de ce courant religieux rigoriste très implanté à Battle Creek.

L'écho donné en France à ses travaux furent dûs notamment à Thésée Pouillet qui publia certaines de ses études dans un ouvrage en plusieurs volumes intitulé : « Psychopathie sexuelle – L'onanisme chez l'Homme ». Cette étude concernait les deux sexes, masculin, féminin. Au chapitre des psychopathies sexuelles, il avait classé des pratiques telles que la sodomie, la masturbation, la fellation, le cunillingus, l'homosexualité et ce qu'il nommait plus généralement « les coïts extragénitaux ».

 

N. M.

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