ANATOMIE DU CLITORIS

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« Se référer à la parole de dieu à tout bout de champ freine le développement des sociétés »

Abdelmajid Charfi, réformateur tunisien

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Excisions

Plus de 8.000 femmes sont mutilées sexuellement chaque jour. C'est un crime contre l'humanité pratiqué dans le silence.

Le "bouton de rose" comme le désignait le cinéaste américain Orson Welles, a longtemps été négligé, caché, ignoré et considéré comme un instrument satanique inhérent à la condition féminine.

Aujourd'hui dédiabolisé dans les sociétés occidentales, dans de nombreux pays d'Afrique et d'Asie il est toujours considéré comme "le démon" installé dans le sexe des femmes. Cette vision le met en grand danger.

Anatomie du clitoris

Le plaisir féminin interdit

L’excision ou ablation du clitoris est une mutilation pratiquée de nos jours sur 100 à 140 millions de femmes dans une grande partie du continent africain. Elle se pratique par l'ablation du gland clitoridien.

D’une partie du clitoris à l’ablation totale de celui-ci et des petites lèvres jusqu’à d’autres pratiques avec sutures et pose d’un anneau. L'excision estpratiquée principalement au nom de l’amélioration du plaisir sexuel masculin et la protection contre le désir féminin, afin que la femme ne ressente plus aucun plaisir sexuel. Cela afin qu’elle n’aille pas chercher le plaisir sexuel avec d’autres hommes. L'excision est illégale dans la plupart des pays du monde, mais les lois d'interdiction, lorsqu'elles existent, sont rarement appliquées.

Photo 1 : le clitoris est dissimulé derrière le repli des petites lèvres fomant un capuchon.

 

Photo 2 : le clitoris à découvert, plus ou moin proéminent selon les individus.

 

Le clitoris possède une vascularisation abondante qui le rend érectile. C’est également l’organe le plus sensible qu’on puisse trouver chez l’être humain avec huit mille terminaisons nerveuses au niveau du gland (en comparaison le gland du pénis en possède six mille)

Lorsqu’e le clitoris est stimulé, il déclenche une ouverture et une lubrification du vagin.

L'excision, cause de préjudices considérables

et irréparables

La mutilation génitale – petites lèvres et clitoris - est surtout pratiquée sur les fillettes et les adolescentes âgées de quatre à 14 ans. Dans certains pays, toutefois, il arrive que les nourrissons de moins d'un an représentent jusqu'à la moitié des cas (44 % en Érythrée et 29 % au Mali, par exemple).

L'opération est généralement pratiquée par les accoucheuses traditionnelles ou les sages-femmes diplômées. L'excision est un service très prisé et très bien rémunéré; le statut du praticien dans la communauté et son revenu peuvent être directement liés à l'exécution de cette opération.

L'excision est une violation fondamentale des droits des filles. C'est une pratique discriminatoire contraire aux droits à l'égalité des chances, à la santé, au droit de ne pas être exposé à la violence, aux blessures, aux sévices, à la torture et aux traitements cruels, inhumains ou dégradants, au droit à la protection contre les pratiques traditionnelles préjudiciables à la santé, et au droit de faire librement des choix en matière de reproduction. Ces droits sont protégés en droit international.

L'excision cause des préjudices irréparables. Elle peut entraîner la mort, si la perte de sang est suffisamment importante pour causer un choc hémorragique; une commotion cérébrale entraînée par la douleur et le traumatisme; ou une septicémie foudroyante.  Elle est systématiquement traumatisante. Beaucoup de filles se trouvent en état de choc provoqué par la violente douleur, le traumatisme psychologique et l'épuisement dû aux hurlements de douleur.

Il y a d'autres conséquences préjudiciables pour la santé, notamment : non-cicatrisation; formation d'abcès; kystes; croissance excessive des tissus cicatriciels; infections urinaires; rapports sexuels douloureux; prédisposition renforcée au VIH/SIDA, à l'hépatite et à d'autres maladies transmissibles par le sang; infections de l'appareil reproducteur; pelvipéritonites; stérilité; règles douloureuses; obstacle urinaire chronique/calculs vésicaux; incontinence urinaire; arrêt de progression du travail; risque accru d'hémorragie et d'infection pendant l'accouchement.

Fatima, 7 ans, est assise sur un lit dans sa maison dans la région d’Afar, en Ethiopie. Elle a été soumise à l’excision quand elle avait 1 an. (crédit photo : Unicef/New York)

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