CIRCONCISION

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Circoncision

L'ablation du prépuce des jeunes garçons au sein de familles juives et musulmanes n'a pas que des causes strictement religieuses.

Il s'agit d'un rituel de sociétés résolument patriarcales, sacralisant le sang du père et diabolisant celui de la mère.

Brit Shalom contre Brit Milah

Sur le principe du respect de l'intégrité du corps des enfants et du droit de ceux-ci à décider plus tard de leurs options religieuses, des familles juives sont de plus en plus nombreuses à pratiquer un nouveau rite de baptème de leurs fils, sans ablation du prépuce.

Par Nathan BIRAME

'ABLATION du prépuce est une pratique religieuse ayant précédé l'avènement de la nation juive. Des dessins rupestres retrouvés sur les parois de grottes occupées par des tribus préhistoriques montrent des scènes de circoncision.

Des sociétés égyptiennes antiques pratiquaient également ce rituel.

La pratique de la circoncision est l'apanage d'une culture et d'une organisation sociale fondée sur le patriarcat. Dans les temps très anciens existait le sacrifice des enfants consistant à tuer le premier né d'une femme. Il s'agissait de rompre le lien fusionnel entre la mère et l'enfant et marquer d'une manière radicale le sceau du père sur la descendance filiale.

Le sacrifice des fils aînés fut remplacé par la circoncision – acte de sacralisation du sang paternel au détriment du sang maternel considéré comme impur.

 

Le sang de l'homme sacralisé

Le sang de la femme diabolisé

 

Lors du Brit Milah (la circonscription juive selon le rituel religieux), le rabbin suce le sang du pénis de l'enfant âgé de huit jours, tandis que le sang mère (exclue de la cérémonie) reste considéré comme impur pour une longue période après l'accouchement. Référence est faite à ce texte tiré du Lévitique :

« Yahvé parla à Moïse et dit : Parle aux Israélites, dis-leur :

Si une femme est enceinte et enfante un garçon, elle sera impure pendant sept jours comme au temps de la souillure de ses règles. Au huitième jour on circoncira le prépuce de l’enfant et pendant trente-trois jours encore elle restera à purifier son sang. Elle ne touchera à rien de consacré et n’ira pas au sanctuaire jusqu’à ce que soit achevé le temps de sa purification. Si elle enfante une fille, elle sera impure pendant deux semaines, comme pendant ses règles, et restera de plus soixante-six jours à purifier son sang".

L'impureté féminine est considéré de la même manière chez les musulmans, qui s'en tiennent à cette obligation du prophète faite aux homme : ”Éloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez que quand elles sont pures” – Coran : sourate 2, verset 222.

Les abolitionnistes juifs contre la circoncision opposent au Brit Milah un autre rite nommé Brit Shalom. Il s'agit du rituel de paix durant lequel le garçon nouveau-né reçoit son nom de baptème, sans perte du prépuce.

Le Brit Shalom peut être réalisé par un rabbin ou un laïc, suivant la préférence personnelle des parents. Actuellement, plus de cinquante rabbins proposent le Brit Shalom aux USA, cinq rabbins au Canada. Ce rituel se développe maintenant en Europe et ailleurs dans le monde. Certains groupes militants des droits humains, comme Beyond the Bris et Jews Against Circumcision, défendent le Brit Shalom en remplacement du Brit Milah.

 

Des familles juives sont de plus en plus nombreuses à faire circoncire leurs fils au nom du droit de respect de l'intégrité du corps des enfants.

Des rabbins s'associent à leur mouvement qui reste cependant minoritaire chez les membres de cette religion.

Y compris en Israël où la pression culturelle est forte, où les tribunaux religieux exercent un pouvoir contraignant sur le droit familial, existe un courant d'opposition à la circoncision. Comme ici où des familles soutiennent une mère condamnée par un tel tribunal pour avoir refusé de faire circoncire son fils.

Une technique (parmi d'autres) de circoncision

en milieu hospitalier

L'ablation du prépuce, chez le nouveau-né comme chez l'adulte est loin d'être une opération banale. Certains rites religieux augmentent les risques d'infections grave.

Dispositif de circoncision de Plastibell, inventé par Hollister en 1950, est un anneau en plastique clair avec la poignée conçue pour la circoncision néonatale masculine . L'anneau a une cannelure profonde qui fonctionne circonférentiellement.

Le Plastibell a été présenté dans les années 50.

Les adhérences entre le gland et le prépuce sont divisées avec une sonde. Puis le prépuce est coupé longitudinalement pour lui permettre d'être rétracté et et le gland (la tête du pénis) d'être exposé. Le Plastibell existe dans 6 tailles. La taille appropriée est choisie et appliquée à la tête du pénis. L'anneau n'est alors  plus couvert par le prépuce. Une ligature est attachée fermement autour du prépuce, écrasant la peau contre la cannelure du Plastibell. La peau excessive dépassant au delà de l'anneau est équilibrée au loin. En conclusion, la poignée de l'anneau est rompue à la fin du procédé. Le procédé entier prend cinq à dix minutes, selon l'expérience et la compétence du chirurgien.

Comme dans toutes les circoncisions, le procédé doit impliquer une anesthésie locale. L'anneau tombe  3 à 7 jours après l'intervention en laissant une cicatrice circulaire qui guérira la semaine suivante. Typiquement, le gland apparaitra rouge.

 

Avantages

Le gland est protégé pendant le procédé par l'anneau. L' hémostase (commande du saignement) est efficace à la ligature. C'est un procédé rapide une fois maîtrisé qui entraine peu de douleur et de gêne pour le bébé.

Aucun bandage n'est exigé, permettant la surveillance facile afin d'éviter toute infection.

La cicatrisation se produit tandis que les bords du prépuce sont fixés dans l'anneau, rendant des points de peau peu utiles.

De manière ésthétique, il y aura peu ou pas de cicatrice. Cependant comme d' habitude avec toute circoncision, il y a un changement de couleur là où les couches intérieures et externes du prépuce se réunissent.

 

Les risques

L'anneau doit tomber avant que la cicatrisation finale se produise. Il peut arriver que  le bout du gland dépasse l'anneau et devienne gonflé, emprisonnant l'anneau en place.

Cet acte peut nécessiter une transfusion sanguine :  un cas sur 30000 répertoriés.

Les risques d'infection ou de saignement excessifs sont rares (impetigo causé près Staphylococcus aureus)

Certains cas de rétention urinaire ont pu être répertoriés.

Prédominance

Au moins 50% de circoncisions infantiles non-thérapeutiques américaines depuis 1980 ont été exécutés avec un Plastibell.

 

La circoncision, selon la loi divine juive

Il est de tradition, dans la religion juive, de faire pratiquer la circoncision par le "mohel", rabbin circonciseur.

Dans les communautés juives orthodoxes, il est de tradition que le mohel aspire par la bouche le sang de la plaie du bébé circoncis.

Tout homme est apte à circoncire, à la condition d'être juif. Selon des traditions variables selon les appartenances aux divers courants du judaïsme, même un incirconcis, un esclave, une femme et un mineur [enfant de moins de treize ans], peuvent circoncire quand un mohel (rabbin circonciseur) n’est pas présent. Mais un non-juif ne peut aucunement circoncire. S’il le fait, il n’est pas nécessaire de circoncire une deuxième fois. Il faudra cependant obtenir quelques gouttes de sang du nouveau circoncis pour que l'acte soit validé.

Toute sorte d’instrument convient pour faire la circoncision, même un silex, un morceau de verre et tout objet coupant, sauf un roseau effilé.

La meilleure façon de circoncire est d’utiliser du fer, soit un couteau, soit une paire de ciseaux. Certaines communautés juives ont pour habitude d’utiliser un couteau.

La peau qui recouvre le gland est coupée jusqu’à ce qu’apparaisse le gland totalement [cette étape est appelée milah].

Après cela, il faut fendre avec un ongle la membrane qui se situe sous la peau et la repousser de part et d’autre, jusqu’à ce qu’apparaisse la chair du gland [cette étape est appelée peri'ah].

Ensuite, il faut sucer l’endroit de la circoncision jusqu’à ce que le sang des endroits plus éloignés sorte, ceci pour éviter tout danger [cette étape est appelée metsitsa].

Le mohel (celui qui opère la circoncision) qui ne suce pas le sang doit être renvoyé. Après avoir sucé le sang de la milah, le mohel pose sur la plaie un bandage ou une compresse.

Certaines circoncisions peuvent être invalidées. Par exemple, s’il reste un morceau de peau du prépuce qui recouvre plus de la moitié de la hauteur du gland, alors l’enfant est considéré comme incirconcis, comme à sa naissance. En revanche, s’il reste un peu de peau, sans que celle-ci recouvre plus de la moitié de la hauteur du gland, la circoncision sera validée.

Selon les précautions chirurgicales employées, les risques de suites infectieuses ne sont pas négligeables.

Les risques postopératoires de la circoncision :

l'ordre de 2 à 4% chez l'adulte et 1 pour 500 chez le bébé

Comme toute intervention chirurgicale, la circoncision entraîne un risque infectieux postopératoire. Lorsqu’elle est pratiquée par des mains inexpérimentées, il arrive d’observer des mutilations du pénis et même des décès. Elle peut aussi provoquer des hémorragies, des hématomes (formation d’un caillot sous-cutané), une inflammation du méat (l’ouverture de l’urètre) et une sensibilité douloureuse accrue du gland et du pénis dans les mois qui suivent. De plus, il peut y avoir aussi des réactions indésirables à l’anesthésique utilisé.

La sécurité de l’intervention dépend des conditions dans lesquelles elle se déroule et des compétences du praticien. En milieu médical, dans des conditions d’asepsie et avec des professionnels de santé qualifiés et bien équipés, les risques sont réduits.

Chez l’adulte, l’opération est plus complexe et la fréquence des complications va de 2 à 4 %, mais les cas graves sont rares. La circoncision néonatale est en revanche une procédure relativement simple et rapide : on observe des complications pour moins d’une intervention sur 500 et, en général mineures, mais existantes toutefois. Dans les cas extrêmes, on a pu constater des nécroses du gland et de la verge. Irréparables et traumatisant « à vie » pour ceux qui ont été atteint.

Des infections graves peuvent être peuvent être contractées par le circoncis à la suite de l'aspiration du sang de la plaie du bébé par la bouche du mohel, avec pour conséquence le décès de l'enfant. Ce fut le cas aux USA en 2008 et 2011 : les mohels avait transmis aux circoncis un herpès très virulent.

La circoncision, qu'elle soit thérapeuthique ou religieuse, n'est pas un acte banal.

Il s'agit d'un acte chirurgical ablatif pourvant entraîner de graves complications lorsque qu'il est réaliser dans des conditions d'hygiène douteuses.

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Ne croyons surtout pas que les mutilations rituelles corporelles sont l'apanage des civilisations primitives ou tribales. La clitoridectomie, par exemple, ne fut interdite et criminalisée aux Etats-Unis qu'en 1985 par le gouvernement fédéral – la loi d'interdiction s'applique donc aujourd'hui à tous les gouvernements des States.

Nous aurions tort également d'ignorer que des facultés de médecine de l'United Kindom (le Royaume Uni) enseignaient toujours en 1982 la technique de clitoridectomie pour répondre à des demandes de mères pour que leur filles ne soient pas tentées par la masturbation et soient élevées dans une tradition puritaine excluant la jouissance des femmes lors que des relations sexuelles.

 

La clitoridectomie contre "les troubles mentaux"

 

Jusqu'en 1935 – et probablement plus tard encore – des hôpitaux psychiatriques « traitaient » par la clitoridectomie ce qui était considéré comme « trouble mentaux », à savoir : l'hypersexualité, la nervosité, l'hystérie, l'homosexualité féminine, par exemple.

En France, la clitoridectomie fut préconisée à la fin du XIXe siècle par des médecins comme Thésée Pouillet (1849-1923), Pierre Garnier (1819–1901) ou Paul Broca (1824-1880) pour lutter contre la masturbation.

Durant cette même période, le médecin-chirurgien John Harvey Kellogg, directeur du sanitarium de Battle Creek (Michigan - USA) enseignait que la masturbation, féminine comme masculine, causait des cancers (de l’utérus, par exemple), des maladies urinaires, des émissions nocturnes, l’impuissance, l’épilepsie, la folie, la débilité physique et mentale, et « l’obscurcissement de la vision ».

 

De l'acide sur le clitoris

 

L'un de ses adeptes, le Dr. Adam Clarke, affirmait que « ni la peste, ni la guerre, ni la petite vérole, ni les maladies similaires, n’ont produit de résultats aussi désastreux pour l’humanité que l’habitude pernicieuse de l’onanisme ».

Estimant que la masturbation était la cause de certaines morts, Kellogg déclara que des « victimes mourraient littéralement de leurs propres mains ».

Il préconisa de traiter les masturbateurs, en recommandant la circoncision aux jeunes garçons et l’application d'acide carbolique (phénol) sur le clitoris des jeunes filles pour tuer les nerfs sensibles qui, excités à l'extrême, mettaient les jouisseuses impénitentes dans des états de transes incontrôlables et démoniaques. Le Dr. Kellogg parlait de l'orgasme féminin.