AFFRONTEMENTS CONTEMPORAINS

Pour l'Europe 100% laïque

« Se référer à la parole de dieu à tout bout de champ freine le développement des sociétés »

Abdelmajid Charfi, réformateur tunisien

frapinath.com

Laïcité

Ce simple mot "laïcité" est le ressort de la République Française.

A lui seul, il rassemble les trois vertus de Liberté, Egalité, Fraternité.

Il s'oppose à tous les sectarismes et toutes les intolérances.

Derrière sa bannière, quatre millions de personnes ont défilé le 11 janvier 2015 pour affirmer sa suprématie sur tous les obscurantismes et toutes les théocraties.

Aujourd'hui, il faut le pourvoir le conjuguer avec Europe.

Un combat de tous les instants.

 

La rubrique "Laïcité" est en développement, donc très incomplètement traitée. D'autres articles sont en cours d'écriture.

Nous invitons également celles et ceux qui souhaitent s'exprimer librement sur le sujet à nous écrire.

 

ICI

En 1934, contre la République laïque,

les ligues fascites tenaient le haut du pavé

Cette année-là, une succession de scandales politico-financiers fut l'occasion pour l'extrême-droite française de sortir les bataillons pour tenter d'abattre la République et la démocratie laïque. Dans une Europe déchirée et tétanisée par la montée du nazisme, les slogans antisémites, xénophobes, et pseudo-patriotiques, étaient largement déployés.

Le contexte historique et géopolitique de 1934 n'était pas le même qu'en 2013 et 2014. Mais des parallèles sont parfois saisissants. Sur un fond de dépression économique, d'antisémitisme et de scandales politiques, l'extrême-droite française avait réussi à mettre des dizaines de milliers de personnes dans les rues de Paris.

Des mouvements et partis comme l'Action Française, les Jeunesses patriotiques, la Ligue Patriotique, les Camelots du roi, des membres de la Cagoule, les Croix de Feu,ainsi que l'Union Nationale des Combattants et l'Association Républicaine des Anciens Combattants, s'étaient retrouvés le 6 février 1934 au coude à coude devant l'Assemblée Nationale en scandant « A bas les Voleurs ! ».

Pour l'extrême-Droite, l'objectif était clair : abattre « la Gueuse » (la République) et restaurer la monarchie.

La manifestation avait tourné à l'émeute et à l'affrontement avec les forces de l'ordre chargées de protéger l'Assemblée Nationale que les extrémistes voulaient assiéger et investir. On releva ce jour-là 15 morts et 2000 blessés. D'autres manifestations suivirent et entraînèrent la chute du gouvernement dirigé par Edouard Daladier et générèrent une crise de confiance durable entre la population et le monde politique.

Pour démocrates, il n'était pas question de laisser la rue aux seuls fascites. Le 6 février 1934, ouvriers et intellectuels contre-manifestaient pour résister aux ennemis de la République et du parlementarisme. La journée s'acheva dans l'affrontement général.

Le défilé des ligues fascites à Paris, le 6 février 1934 avait mis dans la rue tout ce qui se comptait comme adversaires de la République et de la démocratie. La journée s'acheva dans des émeutes et un bain de sang : 15 morts et 2000 blessés.

La propagande d'extrême-droite

en 1934

Surfant sur des scandales politiques et financiers, en 1934 l'extrême-droite comptait abattre "la Gueuse" (la République). Voici un exemple de tract qu'elle diffusait dans le pays sur le thème de "politiciens pourris", de la "sécurité menacée", de la "France assaillie par les étrangers", et de "la France aux Français".

 

Toute concordance avec les thèses du Front National d'aujourd'hui n'est pas fortuite.

 

Peuple de France !

Ton parlement est pourri.

Tes politiciens compromis.

Ton pays livré à la boue de ses scandales.

Ta sécurité menacée.

La guerre civile grogne.

La guerre tout court rôde.

Paysan, la ruine te menace : vois le scandale des blés.

Ouvriers, intellectuels, votre situation est assaillie par des étrangers.

Ni les uns, ni les autres n’êtes plus chez vous.

La France aux Français !

2013-2014 : "La Manif pour tous", auberge espagnole de toutes les droites conservatrices et ultras

Issus de mouvements extrêmistes violents, des groupes se réclamant d'idéologies fascites, des groupuscules se réveillèrent pour se mêler à la Manif pour tous, devenue de la sorte un agglomérat de toutes les droites conservatrices et de l'extrême-droite.

Si l'opposition à la réforme du Code Civil et d'un mariage étendu cette fois à tous les couples, hétéros comme homosexuels, domina les diverses manifestations qui se déroulèrent en France, elle n'était pas l'unique motivation.

Les relents des années 1930 ressurgissaient par la seule présence des groupuscules néo-fascites ayant la République laïque pour cible majeure.

2013 et 2014 virent ressurgir à Paris et dans plusieurs grandes métropoles de l'Hexagone des groupuscules d'extrême-droite aux slogans et comportement sans ambiguïté se résumant en expressions homophobes, antisémites, racistes, islamophobes et identitaires. Pour se montrer au grand jour, ces groupuscules comme le Bloc Identitaire, la Ligue du Midi, l'Unité Nationale, et l'insubmersible Action Française s'étaient joints à la Manif pour tous organisée par des associations proches des milieux conservateurs et ultras de l'Eglise catholique et de la branche dissidente de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSPPX) fondée par l'évêque anti-concile Vatican 2, Marcel Lefebvre – fraternité qui a fait l'objet d'une levée du décret d'excommunication en 2009 sous le pontificat du pape Benoît XVI..

Prudents ou astucieux, les organisateurs de la Manif pour Tous se sont appliqués à représenter la République sous les traits de jeunes Marianne costumées, pour contrebalancer la présence de religieux dans les cortèges. Une véritable opération de communication pour brouiller un message anti-laïque véhiculé par l'esprit de cette manifestation.

Traditionnalistes et intégristes catholiques ont été souvent de la partie au sein de la Manif pour Tous, devenue une véritable auberge espagnole de toutes les oppositions à la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels. Mais encore, une occasion pour les plus radicaux de s'en prendre à la République laïque, au relativisme et à la "sécularisation". C'était comme le discours du pape Pie X au 19è siècle.

Au-delà le l'opposition à cette loi, c'est une nouvelle fois le rapport entre religions et Etat qui s'était trouvé au centre des affrontements – cette fois bien plus pacifiques que ceux de 1934 ! Les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls avaient adopté une ligne commune : pas question de mettre les dogmes religieux au-dessus des principes républicains de liberté, égalité et fraternité, y compris dans le domaine sacré du mariage civil.

Ce principe républicain de séparation des dogmes religieux et des principes de neutralité de l'Etat est politiquement transversal, à gauche comme à droite. Comme l'est aussi l'opposition au mariage des homosexuels ouvrant le champ de l'adoption d'enfants aux couples unisexes. Les deux camps, à Droite comme à Gauche, sont concernés de la même façon.

 

Geste provocateur d'un militant d'extrême-droite au coeur de la Manif pour Tous,

le 26 mai 2013.

Pilier de la droite catholique ultra conservatrice, Christine Boutin, ancienne ministre du Logement, fondatrice du Parti Chrétien Démocrate, a beaucoup marché en tête des cortèges de la Manif pour Tous, contre la réforme du Code Civil ouvrant le mariage aux couples homosexuels.

Mêlant ses convictions politiques à sa foi religieuse, elle ne manque jamais une occasion pour réclamer la fin de la libéralisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), s'élever contre la "pilule du lendemain" proposée aux jeunes mineures, pour la limitation de la contraception artificielle, épousant sur ces domaines les mêmes points de vue que le Vatican. Inlassablement, elle se réclame des valeurs catholiques

et de la « droite humaniste ».

Certains manifestants n'avaient pu se retenir de faire le salut nazi, ou encore de dénoncer un prétendu lobby juif ou maçonnique derrière le projet de loi en cours de discussion au Parlement pour intégrer le mariage des homosexuels dans le code civil. A Lyon, le cardinal archevêque Barbarin, en veste de cuir noir et col romain n'était pas loin d'une cohorte fascisante où l'on dénombrait aussi des responsables de la droite classique et de nombreux fidèles attachés au dogme catholique du mariage.

Pour mettre des centaines de milliers de personnes dans les rues de paris et des grandes villes, les organisateurs avaient mis financièrement le paquet : 4,5 millions d'euros pour affréter des trains et des autocars, louer des écrans géants, fabriquer des calicots, mobiliser la France profonde, organiser le tapage médiatique.

Un « flop » total et un gâchis financier considérable au regard de l'opinion publique aujourd'hui très largement favorable à ce que les homosexuels puissent se marier à la mairie (68%), et majoritairement d'accord (53%) pour qu'ils puissent adopter des enfants, selon un sondage de l'IFOP publié en novembre 2014 par le site d'information Atlantico LIRE ICI

La Manif pour Tous, le 24 mars 2013, aux abords

de l'Arc de Triomphe, à Paris.

L'humour fut souvent la meilleure réplique aux doctrinaires du mariage exclusivement hétérosexuel.

Malgré les 4,5 millions d'euros dépensés pour l'organisation des "Manif pour Tous" en 2013 et 2014, l'ensemble des opérations de communication et de mobilisation demeurent un grand "flop".

Selon un sondage IFOP pour le site d'information Atlantico, 68% des Français, fin 2014, étaient favorables au mariage des couples homosexuels. 53% se prononcent en faveur de la possibilité d'adoption d'enfants par ces mêmes couples.

Le principe de séparation des affaires de l'Etat et celles des religions fut énoncé par des esprits éclairés, plusieurs siècles avant la loi française de 1905 qui coupa le lien entre Etat et religions.

Bernard de Clairvaux, saint de l'Eglise catholique Romaine, exortait les "chevaliers du Christ" à tuer en masse les impies et les hérétiques.

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