L'immonde des religions

Pour l'Europe 100% laïque

« Se référer à la parole de dieu à tout bout de champ freine le développement des sociétés »

Abdelmajid Charfi, réformateur tunisien

frapinath.com

01/07/1766 - FRANCE / ABBEVILLE

 

Après une longue et minutieuse enquête de police suivie d'un procès devant le tribunal d'Abbeville, confirmé par la Chambre du Parlement de Paris, le chevalier de La Barre a été décapité et son corps jeté au bûcher, portant un écriteau cloué sur son dos. sur lequel on pouvait lire : « Impie, blasphémateur et sacrilège exécrable ».

Cette décapitation s'est déroulée selon la procédure en usage. Après avoir été soumis à la question ordinaire pour qu'il livre le nom de complices – ce qu'il refusa de faire – ses membres furent entravés, puis brisés. Un tel supplice s'impose aussi aux empoisonneurs et aux parricides.

Ranimé à la suite d'une perte de connaissance, les autorités, dans leur grande mansuétude, lui épargnèrent la question extraordinaire. La main qui officia pour le sacrilège fut coupée, et sa langue, noire de mensonges, fut arrachée. Sa tête tomba d'un seul coup de hache.

Cette mise à mort met fin au long calvaire de l'Eglise catholique du diocèse d'Amiens dont dépend Abbeville, et de son évêque, Mgr Louis-François-Gabriel d'Orléans de la Mothe, horrifié par deux actes criminels : l'entaille à l'arme blanche du crucifix du pont d'Abbeville et un dépôt d'immondice près d'une croix du Christ au cimetière d'Abbeville.

Mgr l'évêque avait dû présider une cérémonie expiatoire dans laquelle il avait prononcé des paroles désignant les coupables comme s'étant « rendus dignes des derniers supplices en ce monde et des peines éternelles de l'autre ». Il avait ordonné aux curés d'Abbeville de prononcer lors des offices les termes d'une monition pour que les auteurs soient dénoncés, arrêtés et traduits devant les juges du roi. Lequel roi, Louis le XVème, a rejeté les recours en grâce qui lui avaient été adressés.

Il est à souligner que l'impie libertin Jean-Marie Arouet, alias Voltaire, fait actuellement battage dans les cercles parisiens pour réhabiliter la mémoire de ce chevalier de La Barre au motif que l'officier de police ayant mené l'enquête, aurait conclu à la culpabilité de celui-ci en agissant par vengeance contre sa famille, à la suite d'une déconvenue amoureuse humiliante. La jeune fille qu'il voulait épouser l'aurait éconduit. Mais jusqu'où ira donc ce Voltaire pour prêcher son hostilité la la sainte religion catholique, à ses clercs et ses évêques ?

Le blasphémateur d'Abbeville a eu la la langue arrachée,

la tête et la main coupées

ANTISEMITISME

Pie IX, le pape kidnappeur d'enfants juifs

 

Le rapt commandité par le souverain pontife en 1858 reste l'un des grands scandales religieux du 19è siècle. Une ignominie que le Vatican n'a jamais dénoncée.

Pie IX, commanditaire du rapt de l'enfant juif, soustrait de force à sa famille, fut béatifié par Jean-Paul II en 2000. L'Eglise catholique n'a jamais formulé la moindre excuses ou le moindre regret.

Dans la presse catholique

anti juive

 

L'affaire Mortara ne fut pas la première du genre. L'émotion internationale soulevée montre cependant que l'évolution des sociétés européennes rendait ces comportements anciens de plus en plus inacceptables.

De fait, la pratique des enlèvements d'enfants non-chrétiens devint de plus en plus rare, même si l'affaire Finaly (en France), à la fin de la Seconde Guerre mondiale, a montré qu'elle resta longtemps considérée comme "acceptable" par une partie du clergé et de l'opinion catholique.

 

Si la position du pape fut critiquée, elle eut aussi ses soutiens.

Le journaliste Louis Veuillot justifia ainsi avec violence, dans le journal catholique L'Univers, l'attitude de Rome et de Pie IX.

Il accusa les journaux qui défendaient l'opinion contraire à la sienne d'être à la solde des Juifs et les désigna comme étant la « presse juive ». Ces articles constituaient une des premières manifestations de l'antisémitisme moderne.

"Kidnapping of Edgardo Mortara", par M. D. Oppenheim. 1862.

'AFFAIRE MORTARA , qui avait fait scandale dans le monde entier au 19è siècle, n'avait pas empêché le pape Jean-Paul 2 de béatifier Pie IX, auteur d'un acte ignoble, antésémite.

Ce pape, dont les Etats pontificaux étaient menacés, avait fait perquisitionner par sa propre police, le 23 juin 1858, au domicile d'un couple juif, Salomone et Marianna Padovani Mortara, et fait enlever l'un de leurs huit enfants, Edgardo, âgé de six ans, pour qu'il soit confié à une famille catholique.

L'enfant avait reçu un autre nom – Pio – et avait été baptisé de force.

Ce rapt pas l'Eglise catholique n'était pas le premier du genre. D'autres avaient déjà eu lieu dans des circonstances analogues.

Mais la famille de l'enfant fit tant de battage, que l'opinion internationale finit par dénoncer la conduite de Rome. Il advint même que l'empereur Napoléon III envoie une protestation au souverain pontife pour qu'il libère le jeune garçon.

Faisant fi de la pression internationale, Pie IX fit cacher l'enfant dans une institution religieuse pour qu'il soit conditionné, endoctriné à la suite d'un lavage de cerveau. Le pape accepta à partir de ce momentqu'une rencontre ait lieu entre le père et le fils.

Convaincu par ses "protecteurs" que son retour dans sa famille juive constituerait un grave péché mortel, Edgardo refusa de repartir chez lui, "sauf si sa famille acceptait à son tour de se convertir au catholicisme et de recevoir le baptême".

A la chute des Etats pontificaux, en 1870, les parents continuèrent de réclamer la restitution de leur fils. Mais celui-ci, conditionné et formaté, fut transféré en France, dans un couvent d'Augustins, où il fut ordonné prêtre.

Peu avant sa mort, en 1940,Edgardo fut l'un des témoins en faveur de la béatification de Pie IX lorsque le procès fut ouvert à la veille de Seconde Guerre mondiale, pour aboutir finalement en 2000 sous le pontificat de l'ultra conservateur Jean-Paul II.

Malgré les demandes formulées par les héritiers de Salomone et Marianna Padovani Mortara, le Vatican n'a jamais présenté d'excuses ou formulé le moindre regret.

 

Savonarole, le schismatique,

brûlé sur la Piazza della Signoria, à Florence

23/058/1498 – ITALIE / FLORENCE (Correspondance particulière).

 

Il a été mis fin ce jour à la vie du moine dominicain Girolamo Savonarole, condamné pour schisme au sein de la sainte Eglise catholique et apostolique romaine et haute trahison. Eu égard à la gravité de ses fautes contre dieu et le pape, il eut les membres brisés avant d'être brûlé vif au centre de la piazza della Signoria, à Florence.

Voyant dans l’invasion de Charles VIII la volonté de Dieu pour châtier une Italie selon lui coupable de manquement à la parole du Christ, Savonarole lui avait remis les clefs de la ville, profitant de cette invasion pour renverser Pierre de Médicis et prendre le gouvernorat de Florence. En remerciement, Charles VIII avait laissé Savonarole maître de Florence en échange d'un soutien qui devait faciliter au roi de France la conquête de toute la péninsule italienne.

Savonarole, sous couvert de purification de la société Florentine, avait fait brûlé en place publique tout ce qui pouvait contribuer à corrompre les âmes : livres non religieux, cosmétiques, parfums, miroirs, jeux, peintures licencieuses (les nus de Boticelli, par exemple).

Mais encore, de façon sournoise, il s'était attaqué à la personne du souverain pontife, Alexandre VI (de la branche familiale des Borgia), qu'il accusait de luxure et de fornication. Le fils de ce dernier, César Borgia, lui avait proposé le chapeau de cardinal. Savonarole l'avait refusé prétextant de risques d’assassinat encourus à la curie. Devant ce refus, le pape l'avait excommunié le 23 mai 1497 et envoyé en prison pour hérésie et sédition.

Le jeune homme de 19 ans, possédait le Dictionnaire Encyclopédique de Voltaire, le philosophe impie. Il était accusé de profanation et sacrilège de croix du Christ. Son évêque avait lancé une monition contre lui.

Ici statufié à Paris, le chevalier

de La Barre est devenu le chevalier des libres penseurs.

Le supplice de Savonarole,

selon une illustration d'époque médiévale.

La piazza della Signoria, à Florence (Italie), d'après le tableau de Guiseppe Zocchi (1711 - 1767). Collection particulière.