Mythe de la création

Pour l'Europe 100% laïque

« Se référer à la parole de dieu à tout bout de champ freine le développement des sociétés »

Abdelmajid Charfi, réformateur tunisien

frapinath.com

Au plus profond de la forêt amazonienne, les civilisations primitives qui subsistent croient toujours au grand esprit, Mavutsinim.

Pour eux, il est le fondateur universel de l'humanité.

Avant que la forêt ne soit habitée, cet esprit était seul depuis toute éternité.

Saisi par l'ennui et la solitude, il prit un coquillage duquel il fit apparaître une femme qu'il épousa.

De leur union naquirent deux enfant mâles, l'un aux cheveux blonds, l'autre aux cheveux bruns.

Comme il n'y avait ni jour, ni nuit, deux autres divinités, Kuat et Lae, firent apparaître le Soleil et la Lune. Ainsi, il y eut un soir et un matin.

Amazonie : l'humanité née d'un dieu et d'une femme

Issu du Noun, l'océan primordial (ou dans une autre variante, la pierre originelle), émerge le dieu créateur qui peut apparaitre sous trois formes : , le soleil, Khépri le dieu à tête de scarabée ou encore Atoum, l'être achevé. En effet, le clergé égyptien expliquait que l'astre solaire pouvait revêtir des formes différentes lors de sa course dans le ciel : Khépri était le soleil levant tandis que Rê était le soleil à son zénith et Atoum, le soleil couchant.

En se masturbant, il mit au monde Shou, le sec. De son crachat naît sa sœur, Tefnout, l'humide. De ce couple en naquit un autre, Nout le ciel et Geb la terre. Vinrent ensuite Osiris et Isis, Seth et Nephtys. Le premier couple symbolise le renouveau végétal et avec eux vient la légende d'Osiris, alors que le second est stérile.

Mythologies

judéo chrétiennes

L'univers, la Terre et le monde vivant en six jours

Le mythe abrahamique de la création, contenu dans la Thora juive et l'Ancien Testament chrétien, établit en six jours la durée des actes de la création de l'Univers, de la Terre et des êtres qui la peuplent, plantes, animaux, humains. Cette légende du Livre de la Genèse est une version quasi identique du mythe créateur des Sumériens et des peuples de Mésopotamie, région fertile à la croisée de nombreuses migrations.

Comme dans d'autres mythologies antérieures, l'univers naît du néant. L'espèce humaine est créée de la main de la divinité avec de la terre. La vie lui est donnée par le souffle du dieu. Un copié-collé d'autres modèles. Les scribes s'inspiraient de la traditions et des anciennes croyances.

Islam

L'eau à la source de tout

Pour le monde musulman, qui partage avec les Juifs et les Chrétiens le même mythe de la création, Allâh existe de toute éternité et lui seul.

Avant la création de la lumière, de l’obscurité, de la terre, des cieux, du trône et de la table préservée, Allâh a créé l’eau.

Il en a fait l’origine des autres créatures. Ainsi à partir de l’eau Il a créé le trône, puis le Qalam élevé puis la table préservée.

Après quoi fut créé le reste des choses, c’est à dire la Terre, les cieux, les animaux, les montagnes, les arbres et les rivières.

La dernière créature, du point de vue du genre, fut Adam, à la fin du sixième jour.

LES MYTHES DE LA CREATION

La théorie du Big-Bang au secours des religions

La question sur les origines du monde, de l'univers et de l'humanité restera longtemps irrésolue.

Le saut de puce effectué en 10 ans par la sonde Rosetta, de la Terre jusqu'à la périphérie du système solaire – aussi fabuleux soit-il – n'apportera que des réponses partielles à l'interrogation majeure : " Y a-t-il eu un commencement à tout ?"

Sur ce point, les opinions se divisent entre « créationnistes » et « non-créationnistes ».

Les divergencestraversent notamment le monde scientifique qui n'en est qu'au stade des théories, comme celle d'un « Big Bang » formé à partir de matières concentrées et ramassées dans un un bloc réduit. Cela se serait produit il y a 13,5 milliards d'années. Mais ce n'est qu'une hypothèse de travail bâtie sur de l'incertitude, tant la datation de l'univers reste une gageure, un exercice d'un orgueil démesuré. C'est un composé de métaphysique et de théories mathématiquess.

La formation du système solaire et de la Terre sera mieux connue lorsque les données recueillies par la mission Rosetta sur la comète Chouri auront été décryptées. Mais pour ce qui est de la création de l'Univers, si "création" il y eut, bien des siècles passeront encore avant de disposer des clés de la connaissance. Les aura-t-on seulement un jour ?

Une catégorie d'êtres humains n'est toutefois pas ébranlée par tant d'incertitude. Il s'agit des sociétés religieuses qui, depuis des millénaires, croient dur comme fer qu'il y eut un début, et qu'il y aura à un moment une fin à tout.

C'est ce que disent, par exemple, des religions judéo-chrétiennes et islamiques, qui s'abreuvent à la même source pour prêcher une création par la volonté de leur dieu - chacune se revendiquant du "seul vrai dieu", le leur. Les Chrétiens, dès les premiers mots de leur Credo posent posent leur acte de foi avec ces mots : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la Terre ».

L'acte de foi des Musulmans ne dit rien d'autre : « Allâh existe de toute éternité alors que rien d’autre que Lui n’est de toute éternité, son trône fut créé sur l’eau et il a fait écrire toute chose sur la table préservée, puis il a créé les cieux et la Terre ».

Ainsi, Thora, Bible et Coran sont d'accord sur ce point. Seul leur dieu serait de toute éternité, et l'univers aurait été créé de son unique volonté.

En vérité, ces religions n'ont rien inventé. Cette croyance d'un monde créé par une volonté divine fut portée par de très nombreuses autres religions antérieures, sur tous les continents.

Pourquoi le Vatican "croit" au Big Bang

Dieu créateur contre univers éternel

Son approche "scientifique" de la création soudaine de l'univers ne résoud toutefois pas cette interrogation : avant le Big-Bang,d'où venait la matière dont les galaxies sont issues ?

Depuis les travaux de l'astrophysicien belge Georges Lemaître qui fut le premier à affirmer qu'il y eut un « point zéro » à la formation de l'univers, et fut l'inventeur de la théorie du Big Bang, l'Eglise catholique romaine, embarrassée sans le dire par les invraissemblances de la Genèse, s'est engouffrée entièrement dans cette brèche.

Le « Big Bang » prend à revers cette autre théorie de « l'univers éternel et incréé ». Cette autre théorie soutient que tous les composants de la matière sont dans l'univers depuis l'éternité. Elle exclut donc certte croyance, socle de nombreuses de religions et prophéties, selon laquelle un dieu, ou des dieux, ont donné naissance à l'univers et au monde vivant qui peuple la Terrre.

Ce débat sur la création est vieux comme l'humanité qui s'est toujours posé la question de son origine et de son avenir, surtout son devenir après la mort physique des corps. Car le néant fait peur à l'inconscient collectif.

Selon la plupart des religions, le temps universel est un temps compté, avec un début et une fin à tout, avec au bout un bouquet final apocalyptique qui fermera la parenthèse cosmique.

Les papes contemporains – depuis Pie XII - s'accrochent autant qu'ils le peuvent au Big Bang pour la simple raison qu'il redonne une forme de crédibilité scientifique à l'invraisemblable Livre de la Genèse.

Il faut se souvenirqu'il fallut attendre 1992 et le pape Jean-Paul II pour que l'Eglise catholique admette officiellement que Galilée avait raison de soutnir la théorie copernicienne et qu'il fut injustement condamné [par un pape].

Cela fait douter très sérieusement de la pensée scientifique de cette Eglise .

Peinture de Tito Lessi représentant Galilée instruisant le mathématicien Vincenzo Viviani.

Quand l'Eglise catholique faisait tourner le soleil

autour de la Terre

La représentation du géocentrisme , selon la théorie de Ptolémée et Aristote, dans laquelle l'Eglise catholique se fourvoya pendant des siècles avant d'admettre du bout des lèvres qu'elle avait fait fausse route.

La théorie du géocentrisme voulant que la Terre tourne autour du soleil, et qu'elle est le centre de l'univers, fut celle de Ptolémée et d'Aristote, ces penseurs de la Grèce antique qui inspirèrent des pères et docteurs de l'Eglise tels qu'Augustin d'Hippone ou Thomas d'Aquin.

Avec force et violence, allant jusqu'à faire ouvrir des procès et ériger des bûchers en place publique, elle a condamné pendant des siècles les savants, tels Copernic et Galilée, qui dénonçaient cette fausse théorie et affirmaient, calculs scientifiques à l'appui, que la Terre est sphérique et tourne autour du soleil, à l'instar des autres planètes du même système solaire.

Copernic (ci-dessus), Galilée et leurs disciples de l'héliocentrisme (la Terre tourne autour du soleil), n'ont été réhabilités par l'Eglise catholique qu'en... 1992 !

Mythes et mythologies

"Avant le commencement c'était le néant", enseignent les mythologies

Quelles que soient les mythologies, les continents, les civilisations et les époques dont ils proviennent, les mythes créationnistes se sont bâtis sur une même structure.

 

- L'univers naît spontanément du néant, par la volonté d'une ou plusieurs entités aux dimensions cosmiques.

 

- Du néant naît d'abord le chaos que l'entité, où les entités divines s'emploient à organiser et harmoniser.

 

- Du chaos sortent les éléments indispensables à toute vie : la lumière, l'eau, l'air, le feu, la terre.

 

- De ces éléments, les entités divines font apparaître la vie, végétale, animale, humaine.

 

- Les entités asservissent les espèces vivantes : les plantes sont du fourrage alimentaire, les animaux sont soumis aux humains, les humains sont soumis à la volonté des divinités, pour les adorer et les servir.

 

- L'ensemble de la création est elle-même soumise au temps rythmé par les entités divines, avec un début (une genèse) et une fin apocalyptique, une mort et une résurrection, un hiver et un printemps.

 

De façon non exhaustive, nous revisitons ici quelques une de ces mythologies créationnistes qui se sont transmises de civilisations en civilisations, au gré des migrations continentales et intercontinentales, depuis que des humains, ignorants de tout, se sont mis à croire en un monde ou un univers divin qui les surpassent.

 

Inde : le chaos, les premiers hommes, puis un déluge

Selon Rig Veda, la "bible" des religions hindoues, au début, il y eut un Chaos originel sous la forme d’une eau sans limite. Tout était ténèbres, il n’y avait ni Temps ni Etre.

L’être apparaît soudain, sous la forme d’un œuf flottant à la surface de l’eau. Puis l’œuf désire se multiplier. Ce désir l’échauffe et l’œuf se brise.

La coquille devient le Ciel et la Terre.

L’être est devenu l’Un, le démiurge Prajapati, «Père de tous les êtres ».

Prajapati crée la lumière, les dieux, les premiers hommes Yama et sa sœur Yami qui engendrent une première race humaine. C’est l’âge d’or, la Parole est indivisée. Puis les choses périclitent et survient un déluge qui anéantit tous les hommes sauf un, Manu, qui est sauvé du flot et doit repeupler la Terre.

Egypte : Rê, le mythe

du dieu trinitaire

Grèce : Gaïa, par laquelle sont arrivés les dieux

de l'Olympe

Gaïa, au premier plan, Ouranos, debout, et leurs enfants, les Titans.

La Grèce antique a donné à la déesse Gaïa toute la puissance créatrice. Elle était la personnification de la Terre. Spontanément, elle donna naissance à Ouranos, le ciel, puis à Pontos, la mer encore inhabitée, vide de toute espèce vivante.

Unie à Ouranos, Gaïa donna naissance aux Cyclopes, aux Hécatonchires (des êtres aux cent mains), aux Titans et à leurs soeurs, les Titanides. Le monde terrestre et céleste se mettait en marche.

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